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Qu'est ce que le moring? Le moring est né à la Réunion avec l'esclavage et l'importation des peuples venus de Madagascar et d'Afrique (Mozambique). A cet époque, le moring était une forme de divertissement pratiqué lors des soirées dans les calbanons, mais aussi clandestinement dans les champs de café. Au rythme des tambours, les esclaves dansaient des figures de combattants. Après l'abolition de l'esclavage en 1848, le moring évolue lui aussi, et devient accessible à tous. Ainsi, on retrouvait souvent devant les boutiques "chinois", le rythme saccadé des fers blancs et une ronde de personnes au milieu de laquelle deux combattants se défiaient, comme un rond de coq.
Mais la chose la plus étonnante était de voir le respect mutuel que se portaient les moringueurs. Souvent, après le "galo" (combat), le vainqueur payait un petit rhum à son adversaire, ou l'amenait lui même se faire soigner au dispensaire. En 1946, lors de la Départementalisation, comme de nombreuses activités ou musiques liées au passé de la Réunion, le moring est interdit par les autorités. C'est ainsi que les moringueurs ont continué à exprimer leur "créolité" clandestinement dans les champs de cannes ou à l'écart des villages. Le moring perd alors de sa popularité et finit par être oublié par les générations suivantes. Puis, à la fin des années 80, début des années 90, Jean René DREINAZA, alors boxeur réunionnais de renom, se met à la recherche de ses racines et plus précisément du moring. Pour se faire, il décide de se rendre à Madagascar et au Mozambique, où il découvre que cette pratique perdure toujours, mais sous des noms différents. Alors, il revient à la Réunion et veut redonner de l'ampleur au moring. Sur le modèle de la Savate et de la Boxe Française, il établit un code sportif afin d'encadrer le moring comme un véritable sport et se faire reconnaître en tant que tel par la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports. Suite à toutes ces démarches administratives, Jean René DREINAZA initie des jeunes réunionnais et impulse la création des premiers clubs de moring sur l'île de la Réunion, ainsi que le Comité Réunionnais de Moring. Le moring d'aujourd'hui. A l'heure actuelle, La Réunion compte 19 clubs de moring, dispersés aux quatre coins de l'île. Des rencontres ont lieu régulièrement, soit environ une fois par mois, dans le cadre du Championnat Départemental. Le moring a surtout évolué en terme de pratique: des figures plus actuelles, parfois ressemblant au hip hop de rue, ont fait leur apparition. On assiste donc à un doux mélange de techniques traditionnelles et des techniques acrobatiques. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le moring est vecteur de valeurs. Comme toute discipline sportive, il prône le respect (de soi et des autres), le surpassement, la maîtrise de soi et bien d'autres encore. Pour en savoir plus sur ce club, ou voir ses autres articles cliquer ici Envoyer cet article |